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  • Festival Télérama / THE LOST CITY OF Z - du 24 au 30 janv

    Dans le cadre du Festival Télérama, du 24 au 30 janvier 2018.

    Jeudi 25 janvier à 15h ; Lundi 29 janvier à 20h45 ; Mardi 30 janvier à 18h.

    De James Gray. EU/2017/2h21. Avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson, Sienna Miller.

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    Synopsis

    Au début du XXe siècle, Percival Harrison Fawcett, un colonel de l’armée britannique, est approché par la Société géographique de Londres afin d’établir une cartographie des frontières entre le Brésil et la Bolivie. Les deux pays se disputent la culture du caoutchouc dans la région car les limites territoriales n’y ont pas encore été établies avec exactitude. Au cours de ses expéditions, il a vent d’une cité perdue, cachée au coeur de la forêt amazonienne. Cette histoire l’obsède. Il laisse femme et enfants, et part à la recherche de cette civilisation, en compagnie de Henry Costin, qui finance cette exploration périlleuse...

    Critique Télérama lors de la sortie en salle le 18/03/2017 - Par Louis Guichard

    Signer un film intimiste avec toute la matière d’une fresque d’aventure : voilà l’exploit inattendu de James Gray, le réalisateur de Little Odessa (1995) et de Two Lovers (2008). Depuis qu’il avait annoncé, il y a une petite décennie, vouloir adapter la biographie de l’explorateur britannique Percy Fawcett (1867-1925), mystérieusement disparu, le doute était permis. Qu’allait faire dans cette galère amazonienne ce cinéaste identifié à New York (décor et personnage central de ses cinq premiers films) ? Aujourd’hui, le résultat, majestueux et subtil, déjoue les catégories existantes. Derrière son classicisme apparent, The Lost City of Z est un prototype.

    D’abord, la jungle équatoriale n’envahit pas tout, bien au contraire. L’ancrage familial et social de l’explorateur prime. L’histoire commence à Londres, dans la haute société, en 1906. Toute la suite découle d’allers-retours entre l’Amérique et le Vieux Continent. Le premier voyage, Fawcett (Charlie Hunnam) l’effectue presque à contrecoeur. La mission que lui confie la Royal Geographic Society — cartographier une zone limitrophe de la Bolivie et du Brésil — lui semble un pis-aller par rapport à son désir de reconnaissance. Et déjà, les discussions, préalables au départ, avec l’épouse enceinte (Sienna Miller) reflètent la complexité profonde de ce héros aristocrate. Se laissent deviner à la fois l’ambition et la dérision de l’ambition ; en même temps, l’appel du large et les derniers feux de l’indolence juvénile.

    Au milieu du faste d’époque, l’attention portée aux visages par le cinéaste (et son chef opérateur, lire ci-contre) est d’emblée bouleversante. Nombre de réalisateurs qui disposent d’un budget inhabituel se laissent dévier de leur trajectoire artistique. Pas James Gray, qui, depuis ses débuts, filme avant tout des dilemmes intimes, des tourments existentiels. Même en Amazonie, il tient son cap. Loin de Francis Ford Coppola (Apocalypse now) ou de Werner Herzog (Aguirre, la colère de Dieu ; Fitzcarraldo) : la jungle, avec ses multiples dangers, n’est pas, cette fois, le lieu de la folie explicite. Les tempêtes demeurent contenues sous les crânes de Fawcett et de son aide de camp — Robert Pattinson, méconnaissable derrière sa barbe.

    En pleine nature hostile, parmi les Indiens imprévisibles, l’explorateur reste hanté par l’image de la famille naissante qu’il a laissée en Angleterre. A peine se laisse-t-il griser par la découverte imprévue des vestiges d’une ancienne civilisation. Mais, plus tard, revenu parmi les siens, il ne songe qu’à cette cité inconnue, qu’il appelle Z. Il affronte l’élite intellectuelle anglaise, qui nie sa découverte. Il demeure comme absent à sa famille, qui pourtant ne cesse de s’agrandir. Il interdit à sa femme de le suivre dans sa nouvelle expédition, la jugeant trop fragile. Ainsi, il la déconsidère comme la communauté scientifique le mésestime, lui.

    Quant à l’existence réelle de cette civilisation perdue, un léger doute persiste. Trop peu d’indices sont mis en évidence. De sorte que l’obsession de l’explorateur ouvre à plusieurs lectures possibles. Elle devient métaphore d’une aspiration humaine à l’ailleurs. D’un besoin impérieux de diversion, de transcendance. D’un désir de croire. L’aventurier, au-delà même de la cité de Z, idéalise les indigènes. Il leur prête, non sans paternalisme, la grandeur d’âme qui manque à ses congénères britanniques. Durant la Première Guerre mondiale, alors qu’il dirige une brigade d’artillerie en France, dans les tranchées, Percy Fawcett est, de nouveau, rattrapé par cette croyance : la jungle lui apparaît comme un pays perdu, un sanctuaire de paix.

    Une autre dimension vient encore ajouter à l’ampleur de cette histoire : le temps. Près de vingt ans s’écoulent entre la première et la troisième expédition, en 1925. Le fils aîné, que l’explorateur n’a pas voulu voir grandir, est, soudain, un disciple inespéré, un alter ego possible. En tout cas, un compagnon de voyage ultime. James Gray, ­refusant toujours le spectaculaire, orchestre alors un finale grandiose, à bas bruit. Une cérémonie nocturne, au milieu de la forêt, où culmine le mysticisme du héros. Il s’agit, aussi, du legs ambigu d’un père à son enfant. Comme une leçon de vie et de mort. La transmission, dans le même mouvement, de la joie d’être au monde, de s’y abandonner et de s’y dissoudre. — Louis Guichard

    Voir le programme du Festival Télérama à Ciné32 - AUCH.

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