Trouver une salle
  • Festival Télérama / BLADE RUNNER 2049 - du 24 au 30 janv

    Dans le cadre du Festival Télérama, du 24 au 30 janvier 2018.

    Jeudi 25 janvier à 17h45 ; Samedi 27 janvier à 21h15 ; Dimanche 28 janvier à 11h.

    De Denis Villeneuve. EU/2017/2h32. Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Jared Leto.

    .

    Synopsis

    En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies...

    Critique Télérama lors de la sortie en salle le 07/10/2017 - Par Jacques morice

    Il a donc fallu attendre trente-cinq ans pour voir un deuxième Blade Runner. Un laps de temps considérable, mais justifié par le fait que le film de Ridley Scott se suffisait à lui-même. La bonne nouvelle, c’est qu’il en va de même pour celui-ci. Tous ceux qui ont vu le premier ne pourront s’empêcher, bien sûr, de les comparer. Comment perpétuer l’univers de Blade Runner tout en développant sa propre vision ? Comment être fidèle tout en trahissant ? C’est un dilemme auquel a forcément été confronté Denis Villeneuve (Sicario, Premier Contact), l’auteur canadien ayant été fortement marqué dans son adolescence par le thriller futuriste de Ridley Scott, sorte de fondateur. Il est troublant de constater que l’héritage et la généalogie se retrouvent au cœur de l’intrigue.

    Nous voici donc en 2049. Depuis le précédent opus, la société s’est encore plus rigidifiée et codifiée. Une nouvelle entreprise toute-puissante, la Wallace Corporation, dirigée par un démiurge aveugle (Jared Leto), a perfectionné l’élaboration des « réplicants », ces androïdes presque humains, parfois plus qu’humains. En attendant de savoir si ces nouveaux esclaves exceptionnels perdureront, certains anciens réplicants sont jugés dangereux. Chargé de les traquer et de les éliminer, l’officier d’élite K (Ryan Gosling) est un « blade runner » au service d’une force d’intervention spéciale. Le film débute par l’une de ses missions. Loup solitaire, il survole, dans son vaisseau, une colonie désertique et se pose près d’une ferme où l’on aperçoit, sur le toit d’une serre, une inscription en simili-cyrillique…

    La tension s’installe. Et la contemplation, plus encore que l’action. C’est le défi un peu fou de ce Blade Runner 2049 : aller totalement à contre-courant des blockbusters actuels, de leur montage effréné et de leurs effets spectaculaires, en privilégiant le plan-séquence et la profondeur de champ. On est immergé, enraciné dans ce futur, de manière lente, hypnotique. Certaines zones post-apocalyptiques et la quête de l’officier K (allusion au Joseph K. du Procès de Kafka ?) font penser à Stalker, de Tarkovski. A un moment, K débarque dans une usine désaffectée. Un pouilleux illuminé et autoritaire y fait travailler des centaines d’enfants rasés, esclaves recyclant de la ferraille. K l’interroge puis s’arrête, inspecte le hangar, comme alerté par un sixième sens. Séquence pivot, qui dure, vire à la ronde fébrile autour d’un centre de gravité caché, enfoui littéralement : K se met soudain à creuser à mains nues dans le sable charbonneux et finit par déterrer quelque chose.

    Cette découverte marque en profondeur le flic obéissant, qui mute dès lors en enquêteur dissident. Retrouver la trace de Rick Deckard (Harrison Ford), ancien blade runner disparu des radars, devient son obsession. La rencontre aura lieu, mais tardivement, dans la seconde moitié du film, où l’histoire tourne à l’affrontement guerrier, avec courses-poursuites dans l’espace. Entre-temps, Villeneuve nous plonge dans le monde futuriste d’un Los Angeles vertical, froid, cerné de brouillard et de neige. Une bulle de verre grise et bleutée, aux couleurs amorties, dans laquelle K évolue comme un somnambule, avec ou sans son « modèle plaisir », réplicante apparaissant et disparaissant de manière assez magique, comme un hologramme. Cette poupée sexuelle plus vraie que nature, moins superficielle que prévu, semble même éprouver des sentiments.

    Retrouver un semblant d’amour, de mémoire, d’histoire, tel est l’enjeu de ce Blade Runner 2049. Un enjeu mélodramatique et intimiste, simple somme toute, presque trop. Autant 2049 captive par son inventivité plastique et architecturale, autant il s’avère un peu frustrant côté scénario, malgré quelques révélations retentissantes. Il perd en péripéties ce qu’il gagne en concentration, épousant le point de vue incertain de K. D’abord fermé, brutal, opaque, Ryan Gosling apporte une densité mystérieuse à son personnage, de plus en plus vulnérable. Le film tient de l’exploration intérieure, de la rêverie inquiète… Car le danger grandit : le pouvoir est entre les mains d’une sorte de secte transhumaniste, barricadée dans ses délires de renaissance de l’espèce, reléguant à la périphérie ceux qui meurent de faim.

    Autant dire que l’ensemble mêlant cérémonie et démesure (au risque de l’enflure) n’est pas joyeux : solennel, très sombre, plongé dans la nuit ou baignant dans le crépuscule. La seule lumière éclatante, on la voit dans une scène de visite chez un oracle fort doux. Sinon, ce n’est qu’éclairage sépulcral, archives souterraines… Le périple agrège anticipation et archéologie — y compris cinématographique, Villeneuve glissant lui-même des hommages à des maîtres, de Stanley Kubrick au Fritz Lang de Metropolis. A ce dernier, on pense surtout dans le finale, impressionnant, combat titanesque sur fond de déluge. Belle allégorie d’un rêve qui se brise. — Jacques Morice

    Voir le programme du Festival Télérama à Ciné32 - AUCH.

lienfb
    Inscriptions
    - Newsletter programme : pour vous abonner, envoyez un mail vide avec pour objet "Inscription" à l’adresse anim@cine32.com
    Voir le programme
    Répondeur programme : 05 62 60 61 04
    Retrouvez les lieux de distribution du programme ICI
    Allée des arts (av de l’yser) à Auch