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  • PROGRAMME CINE-RETRO - sept/dec 2017

    Un film par semaine jusqu’en décembre 2017 !
    Tous les films projetés sont en version originale sous-titrée.


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    Les rendez-vous sont fixés ! Un film par semaine, tous les samedis vers 19h / Dimanches vers 15h / Mardis vers 18h30. Il se peut que les horaires bougent un peu... pensez à vérifier sur le programme.

    SEMAINE DU 1ER NOVEMBRE

    LA VOIE LACTÉE

    De Luis Buñuel. Avec Laurent Terzieff, Delphine Seyrig, Georges Marchal. FR/1969/1h41.
    Le thème : deux SDF en route pour un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle vont faire de bien édifiantes rencontres.. « Je fais du cinéma, qui est une machine à fabriquer des miracles », disait Buñuel, suggérant que tout était possible à l’écran, comme dans les Saintes Écritures... Il en fait la preuve dans cette Voie Lactée, qui est à la fois un conte riche en péripéties, un road movie avant que le genre n’existe, et un essai très documenté sur la théologie et l’histoire des hérésies. Plus que jamais, Buñuel casse ici le moule traditionnel du cinéma au profit d’une sorte de collage qui laisse place à un humour très particulier, inséparable de son approche surréaliste des situations et des comportements. Cette traversée des débats et combats menés au nom de la foi, au fil du temps, est à la fois très pédagogique et très voltairienne. On passe du coq-à-l’âne et du diable à la Vierge Marie, avec une liberté frondeuse et troublante. Buñuel aimait rappeler que ce film lui valut à la fois de recevoir un prix pour son athéisme et d’être accusé de complicité avec le Vatican. Comme le dit l’un des personnages, la religion sans mystère ne serait pas la religion… Et, près d’un demi-siècle plus tard, Buñuel reste unique dans cette démarche joyeuse et revigorante de subversion du sens.

    DIMANCHE 5 NOVEMBRE / séance en présence d’Alice Vincens, professeur d’esthétique du cinéma à l’école supérieure d’Audio-Visuel de Toulouse (ESAV).

    SEMAINE DU 8 NOVEMBRE

    LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE

    De Luis Buñuel. Avec Fernando Rey, Paul Frankeur, Delphine Seyrig. FR/1972/1h42.
    « Oscar du meilleur film étranger, Le charme discret de la bourgeoisie est parti d’une histoire véridique vécue par le producteur de Luis Buñuel, qui s’était absenté un soir, oubliant avoir invité des amis à dîner chez lui, et condamnant son épouse à improviser un repas, en robe de chambre et l’estomac déjà plein... Cette anecdote inspira au cinéaste un scénario simple : un groupe de bourgeois passe de réception en réception, sans jamais parvenir à se mettre à table, pour des raisons plus loufoques les unes que les autres. À moins que tout cela ne soit qu’hallucination onirique ?
    Élégante poupée gigogne dotée d’un effet Vache-qui-rit des plus vertigineux, cette chronique mondaine est un empilement de songes troublants, où se mêlent les traditionnelles obsessions buñueliennes (l’armée, l’Église, le sexe). En effet, Luis Buñuel avait l’habitude de noter ses rêves dans un petit carnet. Au début de sa carrière, il les recyclait avec une violence viscérale, dans des films surréalistes et débridés, comme L’Age d’or ou Un chien andalou. Au soir de sa vie, le cinéaste préféra les teinter d’humour noir, sec et pince-sans-rire. Tourné lorsqu’il avait 72 ans, ce film montre que sa révolte sociale resta intacte. » Marine Landrot/Télérama.

    SEMAINE DU 15 NOVEMBRE

    LE CORBEAU

    De Henri-Georges Clouzot. Avec Pierre Fresnay, Ginette Leclerc, Héléna Manson. FR/1943/1h32.
    « Tourné en 1943 à la Continental, firme dirigée par l’occupant allemand, ce deuxième film de Clouzot fut honni de tous. Cette foire délétère à la délation ne pouvait que déplaire aux résistants et fut condamnée à la Libération. Très loin de célébrer le travail, la famille et la patrie, elle ne fut pas non plus du goût de Vichy à sa sortie. Clouzot, trop misanthrope pour être propagandiste, ne fait qu’explorer la noirceur de l’âme humaine et accorde ses images à son pessimisme éclairé : ombres surdimensionnées, décadrages expressionnistes. Les lettres anonymes sont un alibi scénaristique idéal pour permettre au cinéaste de traiter d’avortement, de drogue et d’adultère avec une liberté incroyable pour l’époque. Et quels sont les seuls personnages sauvés dans ce film d’une méchanceté et d’une modernité rares ?
    Une infirme aux mœurs légères et un type fâché avec la vie. Cette tendre grue (Ginette Leclerc, vulgaire à cœur) réussit à ébranler ce héron austère (Pierre Fresnay, superbe) en le traitant de « bourgeois », et c’est, pour Clouzot, la pire insulte qui soit. » Guillemette Odicino.

    DIMANCHE 19 NOVEMBRE - 15h / séance animée par Patrice Chambon ancien critique de cinéma et programmateur Véo/Ciné32.

    SEMAINE DU 22 NOVEMBRE

    LE MYSTÈRE PICASSO

    De Henri-Georges Clouzot. Avec Pablo Picasso, Henri-Georges Clouzot, Claude Renoir. FR/1956/1h18.
    Ce film est unique en son genre. Il permet d’assister en direct au processus créatif d’un artiste. Deux éléments lui ont permis de voir le jour : d’une part, la connivence entre Picasso et Clouzot issue d’une amitié de très longue date et, d’autre part, l’envoi par un graveur américain à Picasso de feutres ayant la propriété étonnante de traverser le papier instantanément et sans bavure.
    Clouzot place donc sa caméra derrière la toile pendant que Picasso dessine devant. Par transparence, chaque trait tracé par la main du célèbre artiste apparaît dans l’espace. Au gré de son inspiration, il compose plusieurs œuvres mais loin de percer l’énigme de la création, le film ne fait que gonfler davantage le mystère qui plane autour de lui : en effet, chacun des traits qu’il effectue étonne et déconcerte. Des toreros blessés et des nus sont ainsi créés, comme par magie, fruits d’un travail acharné qui connaît parfois quelques échecs...

    SEMAINE DU 29 NOVEMBRE

    ÉDOUARD ET CAROLINE

    De Jacques Becker. Avec Daniel Gélin, Anne Vernon, Betty Stockfeld. FR/1951/1h42.
    A l’occasion d’un récital qu’Édouard, pianiste virtuose, doit donner chez l’oncle de Caroline pour se faire connaître, une dispute cocasse et orageuse éclate.
    Portrait enjoué d’un couple de jeunes mariés et satire acidulée des salons bourgeois, Édouard et Caroline est une comédie élégante au rythme effréné. Sa scénariste, Annette Wademant (21 ans) dit s’être inspirée de sa relation avec Jacques Becker pour articuler des dialogues étincelants. Comme souvent chez Becker, les personnages sont définis par leur classe sociale : ainsi Caroline s’est-elle mésalliée en épousant Édouard, et celui-ci (qui n’a pas de smoking de rechange, quelle horreur !) n’est toléré dans sa belle-famille que parce qu’il est artiste. Dispute conjugale, cris, gifles, demande de divorce, l’amour d’Anne Vernon (délicieuse) et de Daniel Gélin devra se confronter à l’ordre bourgeois.
    Merveilleuse reédition d’un joyau de la comédie et du cinéma de Jacques Becker, miracle d’une époque où un film si intimement personnel et cinématographiquement éblouissant pouvait rencontrer un large public…

    SEMAINE DU 6 DÉCEMBRE

    BELLES MAIS PAUVRES

    De Dino Risi. Avec Marisa Allasio, Maurizio Arena, Renato Salvatori. Italie/1957/1h38. Deuxième volet de la réjouissante trilogie de jeunesse de Dino Risi, tourné entre Pauvres mais beaux (1956) et Pauvres millionnaires (1959), Belles mais pauvres rassemble à nouveau les personnages qui avaient fait le succès du premier opus : Romolo et Salvatore, deux jeunes banlieusards romains amoureux chacun de la sœur de l’autre, Marisa et Anna Maria. Cette fois, c’en est fini de l’insouciance de Pauvres mais beaux, ode à la drague et au divertissement balnéaire. Dans Belles mais pauvres, nos deux ragazzi, pressés par leurs fiancées, sont confrontés à l’épineux problème de l’argent, préalable au projet de mariage auquel les jeunes filles semblent tenir plus qu’eux. Tandis que Salvatore ouvre un petit atelier et commence à gagner sa vie, Romolo qui ne veut pas perdre Marisa mais n’a aucune envie de travailler, quitte le droit chemin et s’attire des ennuis… Œuvre de jeunesse, cette comédie de mœurs annonce néanmoins l’art de la tragi-comédie de Risi. La mélancolie perce sous la fantaisie et une pointe de cynisme empreint cette peinture de la débrouille sentimentale et financière à l’aube du boom économique.

    SEMAINE DU 13 DÉCEMBRE

    GINGER ET FRED

    De Federico Fellini. Avec Giulietta Masina, Marcello Mastroianni, Franco Fabrizi. Italie/1986/2h00.
    Ginger et Fred, c’est l’histoire nostalgique d’Amelia et Pippo, deux vieux artistes de variétés un peu fripés, vétérans d’un numéro de claquettes qui a fait leur renommée dans les années 1940, invités à participer à une émission de télévision en direct. Le temps d’un show stupide et vulgaire mené par un présentateur démagogique devant un public aux ordres, Amelia et Pippo vont tenter de survivre au milieu d’une cohorte de monstres excentriques et névrotiques.
    Dans ce pamphlet véhément et baroque contre la télévision, troquant la fantasmagorie pour une forme plus réaliste et partant à l’assaut des folies de son temps, Fellini règle ses comptes avec la société du spectacle. Il retrouve son complice Marcello Mastroianni et son épouse Giulietta Masina, auxquels il confie les rôles de Pippo et Amelia, et compose avec eux le bouleversant portrait de deux êtres solitaires et pathétiques qui découvrent, au crépuscule de leurs vies, qu’ils sont passés à côté du bonheur.

    DIMANCHE 17 DÉCEMBRE - 15h / séance animée par Marie-Pierre Lafargue, auteure d’un dictionnaire du cinéma italien et intervenante à Ciné32.

    SEMAINE DU 20 DÉCEMBRE

    L’EMPIRE DES SENS

    De Nagisa Oshima. Avec Eiko Matsuda, Tatsuya Fuji, Aoi Nakajima. Japon/1976/1h45. Interdit aux moins de 16 ans
    Avec L’Empire des sens, Nagisa Oshima, enfant terrible de la nouvelle vague japonaise des années 1960, va connaître la célébrité et le succès hors de son pays. Ce coup d’éclat, il le doit à un producteur français, Anatole Dauman, qui lui donne carte blanche pour réaliser un film érotique. Oshima choisit de s’intéresser à l’histoire vraie d’Abe Sada, une jeune femme, ancienne geisha et prostituée, qui avait assassiné son amant dans les années 1930. Oshima décide de braver la censure et les tabous en tournant pour la première fois au Japon un film avec des actes sexuels non simulés.
    Dévoilé à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, le film défraye la chronique et déclenche un scandale au Japon. En bon disciple de Bataille, Oshima illustre ici les liens indissolubles entre jouissance et mort, crime et sexualité - la scène de l’œuf dans le vagin et le titre original japonais, « la corrida de l’amour » évoquent immanquablement L’Histoire de l’œil. Mais c’est Dauman qui trouvera le titre français, inspiré par L’Empire des signes de Roland Barthes. Coutumier des sujets politiques et sociaux, Oshima ne se renie pas avec ce film de sexe à huis-clos, qui est en lui-même un acte révolutionnaire, le geste d’un homme libre qui cherche à confondre, selon les propres mots d’Oshima, « rêve et réalité ».

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