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  • PROGRAMME CINE-RETRO - sept/dec 2017

    Un film par semaine jusqu’en décembre 2017 !
    Tous les films projetés sont en version originale sous-titrée.


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    Les rendez-vous sont fixés ! Un film par semaine, tous les samedis vers 19h / Dimanches vers 15h / Mardis vers 18h30. Il se peut que les horaires bougent un peu... pensez à vérifier sur le programme.

    Tarifs habituels, sauf les séances de 18h qui sont au tarif réduit à 5,50€. Tous les films rétros sont au tarif jeune pour les collégiens et lycéens (sur présentation de la carte jeune).

    Feuilletez le programme complet ici.

    SEMAINE DU 22 NOVEMBRE

    LE MYSTÈRE PICASSO

    De Henri-Georges Clouzot. Avec Pablo Picasso, Henri-Georges Clouzot, Claude Renoir. FR/1956/1h18.
    Ce film est unique en son genre. Il permet d’assister en direct au processus créatif d’un artiste. Deux éléments lui ont permis de voir le jour : d’une part, la connivence entre Picasso et Clouzot issue d’une amitié de très longue date et, d’autre part, l’envoi par un graveur américain à Picasso de feutres ayant la propriété étonnante de traverser le papier instantanément et sans bavure.
    Clouzot place donc sa caméra derrière la toile pendant que Picasso dessine devant. Par transparence, chaque trait tracé par la main du célèbre artiste apparaît dans l’espace. Au gré de son inspiration, il compose plusieurs œuvres mais loin de percer l’énigme de la création, le film ne fait que gonfler davantage le mystère qui plane autour de lui : en effet, chacun des traits qu’il effectue étonne et déconcerte. Des toreros blessés et des nus sont ainsi créés, comme par magie, fruits d’un travail acharné qui connaît parfois quelques échecs...

    SEMAINE DU 29 NOVEMBRE

    ÉDOUARD ET CAROLINE

    De Jacques Becker. Avec Daniel Gélin, Anne Vernon, Betty Stockfeld. FR/1951/1h42.
    A l’occasion d’un récital qu’Édouard, pianiste virtuose, doit donner chez l’oncle de Caroline pour se faire connaître, une dispute cocasse et orageuse éclate.
    Portrait enjoué d’un couple de jeunes mariés et satire acidulée des salons bourgeois, Édouard et Caroline est une comédie élégante au rythme effréné. Sa scénariste, Annette Wademant (21 ans) dit s’être inspirée de sa relation avec Jacques Becker pour articuler des dialogues étincelants. Comme souvent chez Becker, les personnages sont définis par leur classe sociale : ainsi Caroline s’est-elle mésalliée en épousant Édouard, et celui-ci (qui n’a pas de smoking de rechange, quelle horreur !) n’est toléré dans sa belle-famille que parce qu’il est artiste. Dispute conjugale, cris, gifles, demande de divorce, l’amour d’Anne Vernon (délicieuse) et de Daniel Gélin devra se confronter à l’ordre bourgeois.
    Merveilleuse reédition d’un joyau de la comédie et du cinéma de Jacques Becker, miracle d’une époque où un film si intimement personnel et cinématographiquement éblouissant pouvait rencontrer un large public…

    SEMAINE DU 6 DÉCEMBRE

    BELLES MAIS PAUVRES

    De Dino Risi. Avec Marisa Allasio, Maurizio Arena, Renato Salvatori. Italie/1957/1h38. Deuxième volet de la réjouissante trilogie de jeunesse de Dino Risi, tourné entre Pauvres mais beaux (1956) et Pauvres millionnaires (1959), Belles mais pauvres rassemble à nouveau les personnages qui avaient fait le succès du premier opus : Romolo et Salvatore, deux jeunes banlieusards romains amoureux chacun de la sœur de l’autre, Marisa et Anna Maria. Cette fois, c’en est fini de l’insouciance de Pauvres mais beaux, ode à la drague et au divertissement balnéaire. Dans Belles mais pauvres, nos deux ragazzi, pressés par leurs fiancées, sont confrontés à l’épineux problème de l’argent, préalable au projet de mariage auquel les jeunes filles semblent tenir plus qu’eux. Tandis que Salvatore ouvre un petit atelier et commence à gagner sa vie, Romolo qui ne veut pas perdre Marisa mais n’a aucune envie de travailler, quitte le droit chemin et s’attire des ennuis… Œuvre de jeunesse, cette comédie de mœurs annonce néanmoins l’art de la tragi-comédie de Risi. La mélancolie perce sous la fantaisie et une pointe de cynisme empreint cette peinture de la débrouille sentimentale et financière à l’aube du boom économique.

    SEMAINE DU 13 DÉCEMBRE

    GINGER ET FRED

    De Federico Fellini. Avec Giulietta Masina, Marcello Mastroianni, Franco Fabrizi. Italie/1986/2h00.
    Ginger et Fred, c’est l’histoire nostalgique d’Amelia et Pippo, deux vieux artistes de variétés un peu fripés, vétérans d’un numéro de claquettes qui a fait leur renommée dans les années 1940, invités à participer à une émission de télévision en direct. Le temps d’un show stupide et vulgaire mené par un présentateur démagogique devant un public aux ordres, Amelia et Pippo vont tenter de survivre au milieu d’une cohorte de monstres excentriques et névrotiques.
    Dans ce pamphlet véhément et baroque contre la télévision, troquant la fantasmagorie pour une forme plus réaliste et partant à l’assaut des folies de son temps, Fellini règle ses comptes avec la société du spectacle. Il retrouve son complice Marcello Mastroianni et son épouse Giulietta Masina, auxquels il confie les rôles de Pippo et Amelia, et compose avec eux le bouleversant portrait de deux êtres solitaires et pathétiques qui découvrent, au crépuscule de leurs vies, qu’ils sont passés à côté du bonheur.

    DIMANCHE 17 DÉCEMBRE - 15h / séance animée par Marie-Pierre Lafargue, auteure d’un dictionnaire du cinéma italien et intervenante à Ciné32.

    SEMAINE DU 20 DÉCEMBRE

    L’EMPIRE DES SENS

    De Nagisa Oshima. Avec Eiko Matsuda, Tatsuya Fuji, Aoi Nakajima. Japon/1976/1h45. Interdit aux moins de 16 ans
    Avec L’Empire des sens, Nagisa Oshima, enfant terrible de la nouvelle vague japonaise des années 1960, va connaître la célébrité et le succès hors de son pays. Ce coup d’éclat, il le doit à un producteur français, Anatole Dauman, qui lui donne carte blanche pour réaliser un film érotique. Oshima choisit de s’intéresser à l’histoire vraie d’Abe Sada, une jeune femme, ancienne geisha et prostituée, qui avait assassiné son amant dans les années 1930. Oshima décide de braver la censure et les tabous en tournant pour la première fois au Japon un film avec des actes sexuels non simulés.
    Dévoilé à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, le film défraye la chronique et déclenche un scandale au Japon. En bon disciple de Bataille, Oshima illustre ici les liens indissolubles entre jouissance et mort, crime et sexualité - la scène de l’œuf dans le vagin et le titre original japonais, « la corrida de l’amour » évoquent immanquablement L’Histoire de l’œil. Mais c’est Dauman qui trouvera le titre français, inspiré par L’Empire des signes de Roland Barthes. Coutumier des sujets politiques et sociaux, Oshima ne se renie pas avec ce film de sexe à huis-clos, qui est en lui-même un acte révolutionnaire, le geste d’un homme libre qui cherche à confondre, selon les propres mots d’Oshima, « rêve et réalité ».

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